Depuis plusieurs mois, le corps enseignant se retrouve bombardé de sollicitations portant sur la nouvelle manière de faire travailler les élèves. Une manière ingénieuse
d »‘apprendre à apprendre ». Un outil qui a fait ses preuves pour synthétiser son cours. Le mind mapping arrive en force !
Selon Wikipédia, une carte heuristique (du grec ancien εὑρίσκω, eurisko, « je trouve »), appelée aussi carte des idées, schéma de pensée, carte mentale, arbre à idées ou topogramme (mind map en anglais), est un diagramme qui représente les connexions sémantiques entre différentes idées, les liens hiérarchiques entre différents concepts intellectuels.
C’est le plus souvent une représentation arborescente des données.
Basée sur les avancées dans le domaine des neurosciences, la méthode a été mise au point par le psychologue anglais Tony Buzan dans les années 70. Elle est censée faciliter la pensée logique et la créativité en assurant un fonctionnement conjoint, harmonieux et optimal des deux hémisphères du cerveau.
La plupart de nos inspecteurs encouragent à le mettre en pratique : en documentation et en management ( tiens faut-il y voir un sous-entendu autre qu’une logique de bon sens, vu que la plupart de nos cours reposait déjà sur le fameux schéma heuristique, le QQQOCP et que le management cherche à « dynamiser la pensée de façon claire et attractive »… )
Me voilà donc à proposer à mes élèves de pratiquer le mind mapping et de publier comme chaque semaine, mon bulletin de conseils et astuces pédagogiques, le « Coupe de pouce ».
Sur ce, j’en parle à mes collègues professeurs de management, et l’un d’eux m’explique sa manière de voir les choses. Mon collègue part dans un discours d’orateur, des mouvements de manche tel un magicien qui émerveille ses élèves, on voit qu’il y croit à son mind mapping. Il est vrai que pour schématiser un diagnostic de produit, et regrouper les causes et effets en marketing, cette méthode a le mérite d’être un visuel assurant un repérage des notions intellectuelles de façon pragmatique. La vision globale des branches contribuent à ce que les solutions apparaissent rapidement ( qui contacte qui, que faire à tel degré du système.. ). Quand apprendre donne envie de passer à l’action…
Il termine en apostrophant ces étudiants, m’a-t-il raconté, d’un » je m’engage à vous assurer que vous allez améliorer votre moyenne si vous mettez en pratique ce type de méthode de prise de notes ». Ce à quoi je lui demande s’il n’a pas l’impression dans tout ça de prodiguer aux élèves une stratégie pour rendre facilement abordable un sujet. Ne cherchait-il pas à le vendre comme un produit, à le rendre stimulant comme une idée révolutionnaire. Et surtout est-ce que tous ses élèves ont le profil d’apprenant visuel, car bien évidemment nous ne sommes pas tous identiques, chacun a ses aptitudes personnelles et donc sa façon de s’approprier chaque méthode d’apprentissage.
Ce collègue ne manque pas de charisme, il est vrai, lui-même avant d’être enseignant, était manager, je vous le donne dans le mille.
Pour ma part, le mind mapping s’avère très utile pour les élèves des filières S et ES, car il offre une approche socio-constructiviste. Les élèves peuvent déployer le schéma en groupe, la stimulation entre camarades opère, de même que cela peut être pratiqué pour consigner au propre le protocole d’une expérience scientifique ou une enquête sociologique. Les élèves de classes L, eux, ont du mal à limiter la structure nodale, il ont tendance à noter toutes les facettes de leur analyse de texte. il est donc nécessaire pour eux de cerner où s’arrête la représentation de l’image centrale et où commence la formulation de tous les composants de leur analyse. Certes le mind mapping est bon à prendre, il pourrait être assimilé avec des séances d’entraînement à l’oral pour savoir retranscrire son schéma et surtout savoir argumenter, nuancer autour du sujet
. Personnellement, le mind mapping est une pratique que j’exerce moi-même, j’y vois un intérêt direct pour m’organiser, résumer, réaliser un scénario…
La question qui pourrait clore cet article est la suivante : à force de rendre nos élèves adaptables, comme le souhaite le monde de l’entreprise, ne risque-t-on pas de basculer vers du « coaching scolaire » ?
Enfin, bref, je vous propose de poursuivre la réflexion au détour d’un Scoop.it.

Bonjour Frédérique
Merci pour ce témoignage vivant et sympathique, qui analyse avec clairvoyance l’intérêt des cartes heuristiques.
Merci à vous également pour la référence à mon Scoop.it. J’ai également un blog qui relate le travail de mes élèves et de collègues.
http://classemapping.blogspot.fr/
Même s’il est en hibernation depuis octobre car étant également sur d’autres dossiers , j’ai dû faire certains choix. Cependant je pense qu’avec environ 80 posts il garde toute son utilité de témoignage des possibilités d’utilisation des cartes mentales et conceptuelles en classe.
Très cordialement
Lucas Gruez