Que ceux qui se souviennent de Google Wave, quelques années plus tard, lèvent la main. Mais si souvenez-vous, il y a 3 ans seulement, les Internets vibraient du buzz du prochain « gros projet » de Google qui gratifia alors son public d’une loooongue conférence…
…à la suite de laquelle les invitations pour Google Wave ont commencé à circuler de compte Google en compte Google, avec quelques rares spécimens arrivant sur eBay (avec des résultats plus ou moins heureux).
Et après ? Pas grand’chose. Victime de son avancée technologique et de sa simplicité d’utilisation entre autres, Wave n’a pas trouvé un public assez important pour justifier son maintien et le service a été officiellement fermé en 2010, ventilant les innovations technologiques au sein d’autres produits Google (comme par exemple la possibilité de discuter autour d’un document dans Docs). Une partie du projet survit, renommé Wave in a Box et a été transmis à la Apache Software Foundation sous licence Apache.
Or is it ?
Depuis quelques mois maintenant avec quelques copains ou collègues qui n’ont peur de rien nous testons Rizzoma, une reprise du code libéré par Google et en cours d’extension par une petite équipe de développeurs. Le plan de route du projet est impressionnante : visant en premier lieu à reprendre les fonctionnalités offertes par Google Wave, à savoir la collaboration en directe et riche en supports audio, vidéo ou image, l’équipe souhaite ensuite mettre à disposition de ses utilisateurs un module « prêt à déployer » sur tout ordinateur afin que toute petite compagnie, ou groupe, ou famille, puisse avoir son Rizzoma personnel à la maison, au travail…Ou à l’école.
Et c’est là que les choses deviennent intéressantes. Dans l’ « ADN » de Rizzoma, on trouve :
- Liberté structurelle : Tout document nouvellement créé peut prendre à peu près n’importe quelle forme, l’organisation de ce dernier ne dépendant que de l’objectif de l’utilisateur.
- Travail collaboratif : Les documents intègrent des fonctions de partage, de discussion et de travail à plusieurs (intégrant même la fonction « Hang Out » tout droit venue de Google+) ;
- Richesse des médias : Comme son prédécesseur, Rizzoma permet d’ajouter image, audio et vidéo aux documents de travail créés soit en intégration directe dans le corps de ces derniers, soit en pièce jointe comme pour un courrier électronique.
Le groupe fondateur lui-même propose des pistes d’usage à destination des enseignants, et des chercheurs ont déjà fait le point sur leurs usages de cet outil (en Anglais), mais il Il est intéressant de noter que ces 3 notions fondatrices sont les mêmes que celles que l’on retrouve potentiellement au sein des Centres de Connaissance et de Culture dont notre profession parle tellement ces temps-ci.
Une convergence entre espaces réels et outils numériques ?
Cette convergence entre outils digitaux et espaces physiques est une tendance que j’ai pu observer depuis plusieurs années : le fonctionnement même des hackerspaces et leur modularité intrinsèque, les concepts de meubles Node de la compagnie Steelcase tendent à émuler dans le monde réel ces caractéristiques.
Dans ce contexte, Rizzoma et les autres outils du même type seraient-il un outil parfait pour de telles structures ? Le parallèle entre l’agencement de ces espaces d’enseignement et le fonctionnement de ces outils de création et de production pourrait en tous cas déboucher sur des perspectives assez intéressantes – et des profils d’élèves et d’étudiants passionnants à accompagner et à observer, nourris à la collaboration, à la prise d’initiative, à une gestion personnelle et instinctive de l’information…Avec des enseignants correctement formés et en quantité suffisante, évidemment.
P.S. : Au moment où j’écris ces dernières lignes, je découvre que la fondation Apache a mis en place une version fonctionnelle de Wave in a Box, plus technique que Rizzoma mais qui mérite qu’on s’y intéresse : inscription gratuite ici.







