jan 16th, 10
/
S’il y a quelqu’un dont j’aime beaucoup suivre les aventures dans le monde du multimedia et de l’enseignement, c’est Nikki Pugh qui, comme elle le dit si bien sur son site Genzai-chi « travaille dans les zones floues entre Art, Science et Technologie » (et je vous invite à souscrire aux feeds de son site Internet dès que possible si l’un de ces thèmes vous intéresse). Un de ses derniers projets, aider des élèves élèves de 9 à 10 ans en Angleterre à construire un « Musée de l’Eau » à partir des suggestions de ces derniers, met en évidence des remarques très intéressantes de leur part – par exemple, que les visiteurs du musée doivent éventuellement pouvoir quitter cet espace en étant tristes car « il y a des choses très sérieuses au sujet de l’eau qui doivent être dites, et il faut que les gens soient touchés par ces problèmes ».
Entendre une telle phrase dans la bouche d’enfants de 9 ans est quelque chose qui me rassure un peu sur ce que le futur peut nous réserver. Nous vivons dans une société qui encourage le bonheur instantané et sans trop de réflexion – quelque chose que je peux voir tous les jours auprès de mes collégiens. Que de jeunes élèves aient encore conscience que différer le bonheur pour atteindre un but peut servir à quelque chose, même si c’est doux-amer, ça fait plaisir à entendre.
jan 14th, 10
/
Une de mes résolutions de nouvelle année sur mon site personnel se retrouve ici : ne plus hésiter à commenter sur les articles que d’autres mettent en ligne, ou les analyser en profondeur ici-même. Alors on commence avec cet article de Martin Bélanger sur le pari de l’intelligence et l’accès à Internet ! Les thèmes de l’article (la régulation de l’accès à Internet et la confiance que l’on peut accorder à ses élèves) me turlupinent depuis plusieurs années.
La régulation de l’accès à Internet au sein des établissements scolaires tout d’abord : si je peux comprendre la nécessité de réguler dans une certaine mesure l’accès de tel ou tel site par nos élèves, je pense que les bloquer purement et simplement n’est pas la meilleure des solutions et ce pour plusieurs raisons.
La régulation de cet accès se fait plus ou moins souvent sans la consultation des enseignants utilisateurs du même établissement, ce qui peut les priver d’opportunités pédagogiques ou de matériel d’enseignement pour leur travail avec les élèves. Exemple caractéristique : je me sers souvent de la chaîne spécialisée YouTube EDU pour préparer certains papiers ou certains débats avec mes élèves mais hélas, quand je veux en faire profiter les élèves ou mes collègues depuis le réseau de notre établissement (ou même partager avec eux certaines de mes propres vidéos) ce n’est pas possible, parce que « ce site ne présente pas d’intérêt pédagogique » (le site parent YouTube a en effet été bloqué par les autorités académiques). Le problème vient ici de l’ampleur du site concerné : il est clair qu’une bonne partie du contenu de YouTube n’a pas d’intérêt pédagogique clair (ça peut être très différent dans le contexte d’un cours bâti par un enseignant), mais les sections spécialisées de ce site sont du coup inexploitables par les professionnels de l’éducation. Vu l’énorme travail de veille qu’il faudrait effectuer pour autoriser les accès à certains contenus mais pas à d’autres, les autorités responsables se retrouvent face à deux alternatives : prendre le risque de ne rien verrouiller, ou tout verrouiller.
Autre problème : celui de l’internalisation des règles et de la responsabilisation des élèves. Une fois que de telles mesures restrictives ne sont plus entre l’élève et Internet, il n’y a plus rien pour l’empêcher de se mettre en danger et de mettre en danger, ou de perdre les droits à son image ou ses créations : ce ne sont que des solutions à court terme, qui dégagent l’établissement scolaire et les enseignants de leur responsabilité d’éducateur vis-à-vis de ce territoire d’exploration. Une solution à long terme serait de donner à nos élèves les outils qui permettent de savoir aller partout et de savoir faire la part des choses une fois « sur place » : une fois les explications de la présence de ces outils expliquées et internalisées par les élèves, il ne devrait (en théorie) plus y avoir besoin de maintenir en place les barrières qui encadrent nos élèves.
Je ne doute pas que Martin est bien conscient que c’est avec des élèves les plus lucides possibles qu’une telle politique peut être appliquée : j’en suis tout aussi conscient et il me suffit de comparer les idées si encourageantes que nos élèves peuvent exprimer avec les retombées effectives de ces débats pour me rendre compte que cette lucidité devrait être accompagnée et nourrie continuellement pour porter ses fruits – ou alors, que la détermination portée par nos élèves soit si forte qu’elle puisse s’opposer aux pressions d’un environnement à base d’hormones, de baskets, de casquettes, de téléphones portables, de maquillage, de coiffure et de regards. Mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il ne faut pas tendre vers un tel idéal de lucidité : l’enjeu, au-delà de la sécurité sur Internet, est d’aider les élèves à se rendre disponibles pour l’apprentissage qui les attend tout au long de leur vie, pas seulement dans le système scolaire.
jan 12th, 10
/
C’est toujours dur de commencer une nouvelle année par une mauvaise nouvelle, mais un de mes blogs de documentaliste favoris, celui qui me permettait de rester informé des derniers développements dans le domaine de notre formation en documentation, ferme ses pages : Saamarande a publié le 8 Janvier son dernier article, à cause du manque de temps pour mettre à jour son site – une raison que beaucoup de blogueurs invoquent pour expliquer la fermeture de leurs sites. Il est vrai que garder un site vivant et à jour tout en jonglant avec le travail de documentaliste n’a rien de facile – alors Saamarande, bonne continuation !
Quant à tous ceux d’entre vous qui se demandent si ils devraient ouvrir leur propre blog, je n’ai qu’un seul conseil à vous donner : lancez-vous ! Si pour chaque blog de documentaliste qui disparaît il s’en ouvre 10, les sciences de l’information sur Internet continueront de bien se porter !