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[french]Bonjour les docs !
Comme vous l’aurez remarqué si vous perdez régulièrement votre temps sur ces pages, c ela fait bien quelques jours que je n’ai pas écrit une ligne ici. Pourquoi, à votre avis ? Tout simplement parce que, comme pour beaucoup de mes collègues et apparemment beaucoup de Français ces dernières années, ma connexion à Internet me joue des tours et ne fonctionne que quand elle en a envie. Comme ils disent dans la boîte à idiots donc, veuillez nous excuser pour cette interruption momentanée de nos programmes !
C’est assez marrant que la connexion en question me joue ce genre de tour ces temps-ci, parce qu’après la lecture de cet article de Annoyed Librarian et la rédaction des premiers tutoriels de CDImagination.net, j’ai commencé à réfléchir à ma relation avec les outils de création et de communication numérique et dans quelle mesure ceux-ci m’aident – ou se mettent en travers de ma route quand il s’agit de créer quelque chose. J’ai aussi commencé à réfléchir à l’impact de ces technologies sur le travail de documentaliste, et sur notre relation avec le public…Ainsi que l’effet des attentes de notre plus jeune public sur notre travail.
Parlons-en un peu, de ce public, d’ailleurs. Sans être complètement illettrés, une partie des élèves dans quelques zones de France (et dans le monde entier d’ailleurs) ne sont plus capables de se concentrer ou de comprendre un texte d’une certaine longueur. Malgré les différentes tentatives que mes collègues et moi-même mettons en oeuvre pour réconcilier ces élèves avec les livres et une langue française dont ils se sentent « déconnectés », rien ne semble marcher…
Alors que faire ? Devons-nous continuer à explorer les pistes qui consistent à créer des liens entre les ouvrages traditionnels et les nouveaux media pour leur donner un parfum de modernité qu’ils semblent avoir perdu, ou devons-nous au contraire continuer à promouvoir la lecture telle qu’elle a été depuis qu’un homme, un jour, a eu l’idée de répandre des pigments sur des fibres de bois écrasées avec des caractères taillés dans le métal ? A travers le monde, l’approche moderniste semble remporter un sacré succès, comme le montrent le rôle grandissant des documentalistes comme personnes de référence dans l’apprentissage de l’utilisation d’Internet, ou les conférences « Gaming In Libraries » qui remportent un tel succès aux USA.
Et si on se trompait ? Et si ce nouveau rôle que nous nous voyons confier au fur et à mesure que les technologies de la communication rendent la recherche d’informations valides de plus en plus complexe remplaçait par une illusion de culture quelque chose de plus fondamental, qui reste attaché au temps de réflexion et à la pondération que permet la lecture d’un simple livre ? Et si nos clubs jeux vidéo et nos projets pluridisciplinaires n’étaient qu’une manière de se rassurer et de se dire que les choses ne vont pas si mal que ça si le CDI est toujours rempli, même si les élèves ne sont plus en mesure de lire un livre qui fasse plus de 50 pages écrit très gros et avec, si possible, un double interligne ?
Je me doute bien que d’autres avant moi se sont déjà posé des questions similaires, et que d’autres après moi, au fur et à mesure qu’ils arrivent dans le métier et dans la « famille » de l’Education Nationale se les poseront. Je n’ai pas de solution à proposer pour l’instant à part chercher un équilibre entre deux extrêmes, mais au moins, comme beaucoup d’autres, je me pose la question – et ce petit billet est une manière de dire à tous ceux qui sont dans le même cas que moi qu’ils ne sont pas seuls et qu’on finira bien par trouver un moyen d’offrir à nos élèves une chance de se faire une tête à la fois bien faite et bien pleine.
Après les vacances, je vais accueillir une stagiaire au CDI pendant quelques semaines. J’espère ne pas la dégoûter du métier par mes doutes et mes questionnements ![/french][english]English version coming soon ![/english]