Archive for the ‘Les documentalistes réfléchissent trop’ Category

InterTICE 2010 : table ronde « L’information à l’heure du web et des media sociaux »

Ouverte avec un passage du discours du président Barack Obama à la remise des diplômes de l’Hampton University, cette table-ronde animée par David Abicker regroupait Alice Antheaume, Eric Scherer, Renaud Edouard-Baraud et Pierre Haski. Ensemble, ils se sont concentrés sur trois grands thèmes après avoir rapidement commenté la vidéo d’ouverture : aujourd’hui sur Internet, comment bien chercher et se documenter, comment bien lire et bien vérifier ses informations, et comme bien écrire, seuls ou ensemble ? L’un des enjeux majeurs de notre époque est en effet d’aider écoliers, élèves et étudiants à intégrer l’utilisation des réseaux sociaux à leur apprentissage, au-delà des discours qui discréditent les outils en ne prenant pas compte des comportements des utilisateurs. Une tâche d’autant plus difficile que le flux d’informations auxquels tous doivent faire face est désormais continu.

Comment se renseigner et se documenter à l’heure d’Internet ? Pour les invités, les solutions passent par une utilisation pertinente des moteurs de recherche (et pas l’usage simpliste que l’on peut en avoir, Digital Native ou pas) et l’utilisation de comptes Twitter organisés suivant les régions ou les domaines sur lesquels on souhaite être informés, puis mis en forme par des extensions comme Feedly. Ce système d’information détrône même pour certains les flux RSS et la lecture de mails matinale – même si il implique un important travail de croisement et de validation des informations !

Les outils journalistiques dont le public a pris possession à travers Internet sont très puissants – mais le manque de media litteracy pose le problème d’une formation indispensable, même chez les plus jeunes. C’est là un des points communs entre journalistes et enseignants : les deux professions ont pour mission de réduire le bruit qui entoure l’information, de mettre cette dernière en perspective. Pour les étudiants, cela passe par des cours mêlant ingénierie et journalisme pour une génération de “journalistes geeks” ; à l’école, les choses sont un peu plus difficiles – on sait y parler de la presse, mais pas encore bien y parler d’Internet. Les invités proposent d’explorer des activités permettant de comparer entre eux le contenu et les codes couleurs de différents sites, tirant parti de la sensibilité des jeunes à ces caractéristiques.

Elèves, étudiants et professionnels ont tous besoin de parfaire leur maîtrise de ces outils qui si ils sont puissants, ne nous mettent pas forcément à l’abri d’erreurs : le risque de ce que Pierre Haski appelle un “Timisoara numérique” – un événement enflé par une rumeur numérique qui dépasserait toutes les proportions – est bien réel et ni les rédactions, ni les professionnels n’en ont pour l’instant pris pleinement conscience. Une éducation à ces media encore nouveaux et à la lecture et à la validation de l’information pour tous les utilisateurs (auteurs, comme lecteurs) et sous toutes les formes qui aident à la contextualisation (texte, image, représentations infographiques et cartographiques) est donc d’autant plus importante.

Les différents media disposant sur Internet de la même palette d’outils, les différences entre les sites de ces derniers tendent à s’effacer et les anciennes “catégories” auxquelles ces derniers appartenaient ne se justifient plus de la même manière que par le passé. Parallèlement, l’attention des utilisateurs (à peu près équivalente à 3 feuillets pour un billet) et la taille des écrans (à l’heure des iPads et à l’approche de la révolution des tablettes à encre que la Chine devra perfectionner pour faire face à une crise du support papier) ont aussi leur rôle à jouer dans la consommation de l’information par les utilisateurs.

Que ce soit dans le journalisme ou dans l’éducation, les réseaux sociaux prennent une importance croissante. Ces derniers conduisent-ils à de nouveaux réflexes vis-à-vis de la lecture et de l’écriture ? Alice Antheaume convient qu’élèves comme étudiants ne devraient pouvoir se servir de Twitter que pour l’intérêt de la classe entière – une règle de base simple. Les règles dans le journalisme comme dans l’éducation ne sont cependant pas encore coulées dans le bronze – l’AFP par exemple, propose simplement des guidelines pour l’utilisation de Twitter alors que certaines rédactions interdisent tout simplement l’utilisation de Twitter à leurs journalistes. Au final, apprendre au fur et à mesure des publications reste la meilleure approche pour le moment.

Du côté des professionnels, les réseaux sociaux et la publication sur Internet influencent leur pratique professionnelle différemment : ils effacent la vie de bureau qui s’achève à 5 heures, un phénomène qui touche tous les media. Pour David Abiker et Pierre Haski, ils marquent aussi une vraie révolution – l’irruption du lecteur dans le processus d’écriture !

InterTICE 2010 : table ronde « Culture scientifique et culture informatique »

De gauche à droire : Gilles Dowek, Jean-Pierre Archambault, Jean-Pierre Demailly, Roberto Di Cosmo et (un tout petit bout de) Hervé Le Crosnier.

Dans un billet précédent, je vous parlais des stands de professionnels et de produits qui sont à InterTICE cette année. Mais le point-phare d’InterTICE chaque année, pour moi, ce n’est pas le shopping – aussi passionnants les derniers progrès technologiques soient-ils – mais les conférences et les tables-rondes. Je suis retourné au CNIT hier pour la dernière rencontre avec mes collègues du dispositif 3D (dont notre Frédérique doc de choc) pour cette année, avant d’enchaîner sur 3 de ces conférences (et oui, j’en parlerai ici !). Mais j’ai déjà pu m’installer dans le public d’une des tables-rondes du Lundi 10, ayant pour thème la culture scientifique et la culture informatique.

Réunissant le mathématicien Jean-Pierre Demailly avec les informaticiens Gilles Dowek, Roberto Di Cosmo et Hervé le Crosnier autour d’une table animée par le chargé de mission au CRDP et au CNDP de Paris Jean-Pierre Archambault, les invités se sont interrogés sur la baisse de niveau de « l’école française »  malgré la bonne place qu’elle occupe encore sur la scène internationale. Quelle peut être la raison de cette baisse ? Certains des invités évoquent l’accent mis dans l’éducation classique sur la résolution de problèmes déjà posés, plutôt que la création (ou modélisation) de problèmes.L’une des solutions suggérées est un véritable enseignement de l’informatique qui commencerait dès le plus jeune âge et qui ne se limiterait pas à un enseignement qui ne serait pas limité à une activité dirigée uniquement par des buts, par une quête de l’opérationnel mais motivée par la volonté de comprendre.

Cette compréhension du fonctionnement de l’outil informatique et des logiciels passe pour les invités par la promotion des logiciels libres qui se prêtent à l’analyse du code-source par tous et permettent d’illustrer les théorise enseignées. C’est aussi une chance pour les citoyens de comprendre les outils qui, ces dix dernières années, ont eu un impact sur la société jamais observé avant et qui aujourd’hui permettent de garantir des droits tels que les libertés d’expression, le droit à la vie privée via les outils de chiffrements, le droit de vote à travers le fonctionnement des machines de vote utilisées dans certains pays par exemple – et la chance de comprendre les dizaines d’actions difficilement observables générées par un simple clic sur la Toile. Pour les scientifiques, c’est la possibilité de comprendre les outils informatiques qu’ils utilisent au-delà de la simple fonction de simulation qui a pris tant d’importance dans ce domaine. Si les scientifiques ne parviennent pas à comprendre la manière dont fonctionnent leurs outils, alors le risque de faire de la « pseudo-science » théorisée devient trop grand.

Les enjeux sont donc nombreux, et le problème de la formation se pose : en effet, en l’absence d’un CAPES en informatique, quels enseignants seraient à même de transmettre un enseignement en au-delà de la simple utilisation et de la matière ou de la discipline avec laquelle ils ont le plus d’affinités ? Ce nouvel enseignement enrichi et remis au premier plan ne doit pas seulement faire appel à des notions scientifiques, mais à des notions de linguistique, d’ingénierie, d’ingénierie, d’algorithmes et d’éthique : il faut donc des enseignants capables de parler de ces 4 concepts également, et de transmettre une éducation complète et humaniste conforme aux valeurs que nous avons héritées du « siècle des lumières » : une éducation qui en somme transmet la curiosité, encourage la compréhension des phénomènes fondamentaux dans tous les domaines et incite les citoyens à développer leur méfiance et leur sens critique.

C’est ici que s’arrête le compte-rendu, mais c’est ici aussi que commence la réflexion !

J’avais écrit il y a quelques temps sur la conduite éthique et responsable d’un fonctionnaire de l’Etat et dans le contexte d’un gouvernement qui déploie coup sur coup les lois DAVDSI, HADOPI et alors que l’ACTA pointe le bout de son nez, une telle table-ronde et les thèmes qui s’en dégagent font que je me pose encore plus de questions sur cette thématique de l’action au service d’un état et/ou de son gouvernement. L’intérêt de nos citoyens présents et futurs prend pour moi le pas sur les attentes du gouvernement en place (qui de toutes façons quittera la scène dans quelques années), et dorénavant je m’en tiendrai à cette ligne de conduite auprès de mes élèves. Plus question de les écarter de telle ou telle technologie dans le doute de l’utilisation qu’ils pourraient en faire ! Par contre, j’insisterai encore plus sur l’importance d’une éthique de l’utilisation d’Internet et des nouveaux media.

Pour ceux d’entre vous qui suivent ce blog depuis un petit moment maintenant, vous avez pu voir que le thème de la reconversion professionnelle avait pointé le bout de son nez dans quelques billets ici et là ; à la lecture des interrogations des participants à la table-ronde sur les futurs enseignants en informatique, qu’avez-vous pensé ? Si vous êtes comme moi, il y a au moins quelques enseignants-documentalistes orientés web et nouvelles technologies qui vous sont venus à l’esprit. Peut-être que pour certains d’entre nous, notre place se trouve dans cette nouvelle discipline encore à éclore ? Si c’est bien le cas, allons-nous vers une séparation des fonctions avec des enseignants en informatique/sciences de l’information d’un côté et des bibliothécaires de l’autre ? A moins que l’on assiste à un doublement des postes dans chaque établissement pour que les enseignants-documentalistes en poste pour pouvoir assumer, à tour de rôle, toutes les taches qui importent dans un Centre de Documentation et d’Information ?

Je vous engage fortement à tous réfléchir à ça et à partager le résultat de vos réflexions dans les commentaires ! N’oubliez pas d’aller voir les travaux de l’équipe de l’EPI et leur bloc-note sur l’enseignement de l’informatique et des TIC.

« Agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable »

Photo sous licence CC-by "Writing exams" par ccaristead sur FlickR

Il y a quelques temps, Docs pour Docs a publié les détails des épreuves du concours externe du CAPES de documentation pour l’année à venir et à l’occasion de notre dernière réunion dans le cadre du dispositif 3D, Frédérique et moi en avons profité pour nous pencher un peu plus sur les détails de cette épreuve. C’est un des passages du texte qui nous a intrigués, et qui a donné ce titre au billet que vous lisez aujourd’hui – « Agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable ».

J’ai trouvé l’ambivalence du sujet intéressante parce qu’il peut être compris de deux manières différentes par les candidats : deux manières d’envisager notre mission auprès de nos élèves quasiment à l’opposé l’une de l’autre.

D’un côté, le sujet peut faire référence à un fonctionnaire de l’Etat qui suit des directives gouvernementales que l’on estimera par nature « éthiques et responsables » : puisque l’Etat devient garant et dépositaire d’éthique et de responsabilité, un des rôles du professeur-documentaliste alors d’encourager les élèves à suivre des comportements qui vont dans la direction encouragée par le gouvernement. Le genre de situation problématique pour des enseignants dont le travail consiste (entre autres) à aider les élèves à développer des capacités d’observation et de déduction indépendantes (et je connais peu d’enseignants dans notre discipline qui seraient à l’aise avec une telle direction) !

De l’autre, on peut comprendre la situation de l’enseignant-documentaliste en exercice comme un pont entre les attentes gouvernementales d’un côté, et les notions d’éthique et de responsabilité qui ne se soumettent pas aux demandes de l’Etat de l’autre. Le rôle des enseignants est alors de trouver un équilibre entre demandes d’état d’un côté et éthique et responsabilité de l’autre (et c’est cette analyse que je soutiendrai auprès de nos élèves et de nos collègues si besoin est).

Et vous, vous en pensez quoi ?

Parfois, c’est mieux d’en baver un peu.

S’il y a quelqu’un dont j’aime beaucoup suivre les aventures dans le monde du multimedia et de l’enseignement, c’est Nikki Pugh qui, comme elle le dit si bien sur son site Genzai-chi « travaille dans les zones floues entre Art, Science et Technologie » (et je vous invite à souscrire aux feeds de son site Internet dès que possible si l’un de ces thèmes vous intéresse). Un de ses derniers projets, aider des élèves élèves de 9 à 10 ans en Angleterre à construire un « Musée de l’Eau » à partir des suggestions de ces derniers, met en évidence des remarques très intéressantes de leur part – par exemple, que les visiteurs du musée doivent éventuellement pouvoir quitter cet espace en étant tristes car « il y a des choses très sérieuses au sujet de l’eau qui doivent être dites, et il faut que les gens soient touchés par ces problèmes ».

Entendre une telle phrase dans la bouche d’enfants de 9 ans est quelque chose qui me rassure un peu sur ce que le futur peut nous réserver. Nous vivons dans une société qui encourage le bonheur instantané et sans trop de réflexion – quelque chose que je peux voir tous les jours auprès de mes collégiens. Que de jeunes élèves aient encore conscience que différer le bonheur pour atteindre un but peut servir à quelque chose, même si c’est doux-amer, ça fait plaisir à entendre.

Faire un pari

Une de mes résolutions de nouvelle année sur mon site personnel se retrouve ici : ne plus hésiter à commenter sur les articles que d’autres mettent en ligne, ou les analyser en profondeur ici-même. Alors on commence avec cet article de Martin Bélanger sur le pari de l’intelligence et l’accès à Internet ! Les thèmes de l’article (la régulation de l’accès à Internet et la confiance que l’on peut accorder à ses élèves) me turlupinent depuis plusieurs années.

La régulation de l’accès à Internet au sein des établissements scolaires tout d’abord : si je peux comprendre la nécessité de réguler dans une certaine mesure l’accès de tel ou tel site par nos élèves, je pense que les bloquer purement et simplement n’est pas la meilleure des solutions et ce pour plusieurs raisons.

La régulation de cet accès se fait plus ou moins souvent sans la consultation des enseignants utilisateurs du même établissement, ce qui peut les priver d’opportunités pédagogiques ou de matériel d’enseignement pour leur travail avec les élèves. Exemple caractéristique : je me sers souvent de la chaîne spécialisée YouTube EDU pour préparer certains papiers ou certains débats avec mes élèves mais hélas, quand je veux en faire profiter les élèves ou mes collègues depuis le réseau de notre établissement (ou même partager avec eux certaines de mes propres vidéos) ce n’est pas possible, parce que « ce site ne présente pas d’intérêt pédagogique » (le site parent YouTube a en effet été bloqué par les autorités académiques). Le problème vient ici de l’ampleur du site concerné : il est clair qu’une bonne partie du contenu de YouTube n’a pas d’intérêt pédagogique clair (ça peut être très différent dans le contexte d’un cours bâti par un enseignant), mais les sections spécialisées de ce site sont du coup inexploitables par les professionnels de l’éducation. Vu l’énorme travail de veille qu’il faudrait effectuer pour autoriser les accès à certains contenus mais pas à d’autres, les autorités responsables se retrouvent face à deux alternatives : prendre le risque de ne rien verrouiller, ou tout verrouiller.

Autre problème : celui de l’internalisation des règles et de la responsabilisation des élèves. Une fois que de telles mesures restrictives ne sont plus entre l’élève et Internet, il n’y a plus rien pour l’empêcher de se mettre en danger et de mettre en danger, ou de perdre les droits à son image ou ses créations : ce ne sont que des solutions à court terme, qui dégagent l’établissement scolaire et les enseignants de leur responsabilité d’éducateur vis-à-vis de ce territoire d’exploration. Une solution à long terme serait de donner à nos élèves les outils qui permettent de savoir aller partout et de savoir faire la part des choses une fois « sur place » : une fois les explications de la présence de ces outils expliquées et internalisées par les élèves, il ne devrait (en théorie) plus y avoir besoin de maintenir en place les barrières qui encadrent nos élèves.

Je ne doute pas que Martin est bien conscient que c’est avec des élèves les plus lucides possibles qu’une telle politique peut être appliquée : j’en suis tout aussi conscient et il me suffit de comparer les idées si encourageantes que nos élèves peuvent exprimer avec les retombées effectives de ces débats pour me rendre compte que cette lucidité devrait être accompagnée et nourrie continuellement pour porter ses fruits – ou alors, que la détermination portée par nos élèves soit si forte qu’elle puisse s’opposer aux pressions d’un environnement à base d’hormones, de baskets, de casquettes, de téléphones portables, de maquillage, de coiffure et de regards. Mais ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il ne faut pas tendre vers un tel idéal de lucidité : l’enjeu, au-delà de la sécurité sur Internet, est d’aider les élèves à se rendre disponibles pour l’apprentissage qui les attend tout au long de leur vie, pas seulement dans le système scolaire.

Les mathématiques ça pourrait être fantastique

En temps que professeur-documentaliste, je me retrouve souvent à travailler avec des collègues qui représentent des disciplines qui n’avaient pas beaucoup d’intérêt pour le collégien que j’étais. Un des exemples qui me vient le plus facilement à l’esprit reste les mathématiques, des heures de leçons en classe et hors du collège et du lycée en cours particuliers à réviser encore et encore des formules qui semblaient ne pas avoir d’intérêt particulier : il aura fallu bien des années pour quel certains jeux et certaines personnes me montrent que les mathématiques ce ne sont pas juste des équations à développer, réduire et ordonner : c’est aussi des univers qui se déploient, qui explosent, qui vivent, on les retrouve quasiment partout mais quasiment jamais sous la forme qui nous est enseignée à l’école. Pour ma part, ce sont la cryptographie, l’architecture, l’histoire et la cryptographie qui m’ont fait me rendre compte que finalement les maths, c’est cool. Et c’est le point de vue que partagent beaucoup des enseignants de maths que je côtoie et qui ont le malheur de se retrouver pris en sandwich entre ce que l’Etat et l’Education Nationale exigent d’eux, et la passion qu’ils veulent transmettre de l’autre.

Et puis il y a quelques jours, j’ai reçu un texte qui m’a fasciné dans mon lecteur de feeds RSS. Je n’ai pas encore terminé de le lire que j’ai déjà envie de vous en pondre une traduction : c’est subjectif, c’est passionné, c’est subversif, il y a probablement plein de petits blancs dans le raisonnement qui mériteraient qu’on les corrige ou qu’on les développe, ça parle des mathématiques non pas dans le système Français mais dans le système Américain, mais ça vaut le coup d’oeil ne serait-ce que parce que nous partageons apparemment des problèmes similaires. Attention, je ne poste pas ce texte ici pour dire que tout est pourri au royaume des mathématiques – je ne m’y connais vraiment, vraiment pas assez dans le domaine pour pouvoir juger de quoi que ce soit. Je vous propose juste, que vous enseigniez les mathématiques ou pas, que vous aimiez les mathématiques ou pas, de lire, de réfléchir et d’en parler avec vos collègues, vos élèves…Ou vos professeurs ;)

J’en ai assez dit : je vous laisse avec A Mathematician’s Lament de Paul Lockhart, et une fois que vous aurez terminé de lire je vous suggère de jeter un oeil à la rapide analyse qu’en fait  l’enseignant en ingénierie Scott Aaronson sur son site.

J’entends d’ici Frédérique et Jean-Marc me charrier en me disant que je viens d’un background scientifique… ;)

Contrôler son image numérique…Ou pas !

J’en profite tant que j’y pense – Saamarande est récemment revenue sur le projet 90 secondes pour un documentaliste et du coup, j’en ai discuté avec deux collègues lors de notre première réunion de bassin avec les IA-IPR et surtout dans le cadre de notre atelier « Réseau 3D ». La réaction de l’une des deux collègues était plutôt intéressante (refus de participer principalement motivé par la réticence à se trouver sur YouTube au cas où les les élèves trouveraient la vidéo et la possibilité d’être reconnue) et illustrait bien les considérations sur le choix que de plus en plus de personnes ont à faire aujourd’hui : prendre le contrôle de leur image et de leur réputation sur les réseaux (sociaux ou non) ou laisser ce dernier à d’autres, à travers ce qui se dira de nous ou les photos qui apparaîtront en ligne. Alors, surfer sur la vague ou pas ? Le débat reste ouvert et, comme vous le savez tous, j’ai déjà fait le choix de farter la planche et de me lancer. Et vous, quelle est votre décision ? Pour quelles raisons ?

Un manifeste c’est pas grand’chose, en fait.

La FADBEN a publié le 15 Octobre 2008 un manifeste sur la « Formation à la Culture de l’Information », nous signale aujourd’hui Doc pour Docs.

La lecture de ce manifeste me laisse perplexe. Il me donne envie de dire « OK, et ? ». Pourquoi ? Tout simplement parce que beaucoup parmi la drôle d’espèce des documentalistes ont déjà préparé des référentiels et des progressions prêts à servir pour accompagner les élèves de leur entrée en 6ème à leur sortie de 2nde. Alors pourquoi n’en parle-t’on pas dans ce texte autrement que comme une requête ? Pourquoi ne pas explorer quelques pistes plutôt que de sortir un communiqué comme on en a déjà vu beaucoup d’autres depuis la création du métier de documentaliste tel que nous le connaissons aujourd’hui, histoire de mettre l’accent sur le professionnalisme et l’expertise d’un regroupement – vous l’aurez deviné – de professionnels et d’experts en documentation et en sciences de l’information ?

Effet d’annonce quand tu nous tiens…

Le Dimanche, c’est pas toujours la joie, en Angleterre comme en France

[21:57:20] Tally Matrix a dit : I just watched the video on my school’s website
[21:57:27] Tally Matrix a dit : about the sixth form
[21:57:31] Tally Matrix a dit : it’s all lies!
[21:57:36] Izzy Martin a dit : :S
[21:57:51] Tally Matrix a dit : Not so much about the school, but the kids , lessons etc are all faked
[21:58:01] Tally Matrix a dit : I hate my profession
[21:58:30] Tally Matrix a dit : it’s become an endless series of marketing ploys and target-based treadmills
[21:58:44] Tally Matrix a dit : it’s not about actually educating anyone anymore
[21:59:16] Tally Matrix is sure she can actually heart the sound of her heart breaking

[21:59:38] Tally Matrix a dit : I want to live in a fantasy world

[22:01:29] Thomas Bookmore pats Tally’s back

[22:04:15] Thomas Bookmore a dit : I don’t know what to tell you Tally. In other circumstances I’d have lied to you and told you it’d  be okay but I can’t even do that anymore – you’re just completely right.
[22:05:07] Thomas Bookmore a dit : Our colleagues and sometimes even ourselves sometimes forget the standards up to which we should bring our students and glorify their ridiculous achievements ; this one can read the alphabet, this one can write his name…It just sucks.
[22:05:51] Thomas Bookmore a dit : But the fact that we’re aware of it and that it hurts, instead of fooling ourselves into teh fantasy that we’re doing a good job, isn’t it a good sign that at least we’re lucid enough to know where we have to start struggling to get them to where they should be ?
[22:06:11] Thomas Bookmore a dit : Don’t we have more of a chance to make this fantasy world you mentioned real ?

Hindsight is always 20/20

Certains d’entre vous auront peut être remarqué que pendant la tempête de Edvige, un joli nom pour un bien vilan fichier, je n’ai pas pipé mot sur ce blog quant à la polémique sur le fichage – un comble pour le blog d’un gestionnaire en informations ! Maintenant que le projet est lentement mais sûrement en train de se faire renvoyer dans les cordes, pour une fois je vais me laisser aller…

Je l’savais bien qu’il ne passerait pas tel quel ce projet de fichier, mouhahahaha (ça, c’était mon interprétation du rire diabolique et autosatisfait).

En toute honnêteté il est compréhensible, normal (et surtout très, très sain) que l’opinion publique se soit révoltée contre un fichier qui semblait mettre en péril certaines valeurs auxquelles nous sommes attachés en tant que peuple. J’suis fier de vous, les p’tits loups. Je ne dis pas qu’il fallait nécessairement s’en faire : comme on peut le voir actuellement, il y a des législations qui empêchent le fichier Edvige tel qu’il est de fonctionner sous sa forme actuelle, en plus de l’accueil qui lui a été réservé. Cela ne veut pas non plus dire que d’autres fichiers qui sont actuellement utilisés ne représentent pas autant de dangers potentiels pour les libertés individuelles et que tous ceux qui se préoccupent des libertés de tous doivent se relâcher. Ni que d’éventuels fichiers plus équilibrés ne pourraient pas apporter une aide précieuse aux forces de l’ordre dans leur tâche.

CTPM – C’est tout pour le moment ! Réflechissez, réagissez, n’hésitez pas à partager votre point de vue dans ces pages et dans les commentaires : comme beaucoup d’entre vous le savent, je suis tout oreilles.